Funiculaire

Fermeture

Fermeture du Funiculaire de St Hilaire

Les suites de la catastrophe de décembre 2021

L’exploitation du funiculaire s’est arrêtée le 29 décembre 2021, lorsqu’une crue torrentielle (conséquence de fortes précipitations et d’une fonte nivale brutale) du torrent de Montfort a envahi la gare basse toute neuve, l’enfouissant avec une des cabines sous des mètres de gravats et déchaussant la partie basse de la voie.
S’en est suivi un long processus enclenché avec l’Etat, les assurances, les experts, les bureaux d’études techniques et en partenariat avec les communes de Lum- bin, Crolles, la CCLG, le Département et la Région pour étudier la faisabilité d’une remise en route en sécurité et son coût. »

Pour faire jouer l’assurance du funiculaire, il a d’abord fallu solliciter les expertises nécessaires à la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, ce qui a été fait par décret ministériel le 9 février 2022. Ensuite pour envisager la faisabilité d’une reconstruction, des études techniques ont été lancées pour étudier des solutions de sécurisation du torrent de Montfort et de la falaise surplombant la voie du funiculaire.
Pour la sécurisation du torrent, le SYMBHI*/RTM** propose de mettre en place une plage de dépôt importante en rive gauche du torrent et en amont de la gare pour un coût des travaux estimé à 1,5 M€. Pour ce qui est du risque de chute de bloc au niveau des falaises, les études montrent que si le risque d’atteinte de la gare par des blocs est nul, il est moyen pour un tronçon de la voie ferrée. La réalisation de travaux de protection avec deux lignes d’écrans pare blocs permettrait d’abaisser le risque pour atteindre un niveau très faible. Cette baisse substantielle du risque a été accueillie favorable ment par le nouveau préfet de l’Isère en visite le 25 octobre dernier. Le coût des travaux proposés est estimé à 1,2 M€.
Pour ce qui est de la gare basse, le bureau d’étude structure a confirmé qu’elle n’a pas été structurellement endommagée. Les travaux de remise en état du bâtiment sont estimés à environ 550 k€. A l’aval de la gare basse, le parking a subi de légers dégâts et la remise en état du parking est estimé à 110 k€.
Pour ce qui est de la voie et de la cabine du funiculaire, l’autorité de sécurité des remontées mécaniques (STRMTG) a confirmé qu’ils n’avaient pas subi de dégâts irréversibles, même si une mise aux normes conséquente est à réaliser. Aujourd’hui, le montant total des travaux pour la remise en route du funiculaire est estimé à 2,6 M€, mais reste à affiner dans le cadre d’une analyse globale de sécurité demandée par le STRMTG. A priori, il s’agirait d’une rénovation du système de frein de la machinerie et de l’ensemble de l’appareillage électrique. L’étude de sécurité est en cours. Elle devrait aboutir début 2024.
Le coût total (bâtiment, parking, cabine, voie et remise aux normes de l’installation) nécessaire à la remise en route du funiculaire est estimé aujourd’hui à 3,2 M€, auquel il faut ajouter le montant de travaux de sécurisation vis-à-vis des risques naturels, soit un coût l’opération d’environ 6,5 M€.

Comment envisager la suite du processus
de reconstruction et la remise en route de l’exploitation ?

Tout d’abord il faut bien examiner les données du problème pour identifier l’organisation qui serait la plus à même de porter la remise en route du funiculaire et son exploitation.
Le modèle de gestion conjointe du funiculaire et de la station par la régie a été un atout pour la commune qui bénéficiait d’une station où les enfants et élèves des écoles pouvaient apprendre le ski à moindre coût. Néanmoins ce mode de fonctionnement représente une charge de travail importante pour une commune comme la nôtre. Ces dernières années, la gestion était de plus en plus compliquée, du fait de l’augmentation des contraintes administratives, la difficulté pour maintenir la stabilité des équipes, notamment du fait du réchauffement climatique avec des contraintes d’exploitation de plus en plus difficiles à gérer.
L’événement de décembre 2021 a déstabilisé le fragile équilibre économique de la régie et conduit à l’arrêt de la station de ski. En 2022, la commune a lancé une démarche participative pour réfléchir à l’avenir de la station, ne sachant pas encore si le funiculaire pourrait un jour renaître de ses cendres. Faute d’autres solutions à court terme, elle a finalement abouti à la création de l’association AG’HIL qui a repris l’exploitation bénévole de la station avec le soutien de la mairie (cf. article page 8 de ce journal). Malheureusement au contraire de la station, l’exploitation du funiculaire ne permet pas une exploitation bénévole car la charge de travail est beaucoup plus conséquente. De plus, étant donné le délai assez important pour la remise en route du funiculaire (2027), il paraît aujourd’hui difficile de penser retrouver un fonctionnement couplé avec la station de ski.
Pour ce qui est du partage des coûts de remise en fonctionnement, nous pourrions envisager la répartition suivante. La sécurisation du torrent dépend de la compétence du SYMBHI qui pourrait por- ter le coût des travaux. Il faut savoir que le SYMBHI est un syndicat et que son financement pour le territoire du Grésivaudan provient de la CCLG. Les coûts de remise en service du parking de la gare basse pourraient être portés par l’Etat, le Départe ment et la CCLG dans le cadre de la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. Le montant éligible serait de 75 k€.
Par contre, le reste du coût total de l’opération devra être supporté par le gestionnaire du funiculaire, soit un montant de l’ordre de 5 M€. L’assurance de la régie pourrait s’élever (en cours de chiffrage) à environ 1,2 M€, ce qui « réduirait » le coût à 3,8 M€ environ. Bien sûr des subventions pourront être demandées à l’Etat, la Région, le Département, le Parc de Chartreuse et la CCLG, et l’autofinancement de la régie (20 % minimum dans le meilleur s) pourrait être financée en partie
par l’assurance.

Au regard de ces éléments quelles solutions s’offrent à la commune ?

1) Garder la compétence communale et exploiter avec une régie municipale

Intérêts :
– On garde le pouvoir de décider ;
– Gestion de l’emploi local et interaction forte localement avec les socio-pros ;
– Agilité possible.

Inconvénients :
– Investissements importants nécessitant l’aide d’autres financeurs (3,8 M€) ;
– Les moyens financiers de la mairie sont limités par rapport au risque financier qu’elle porterait ;
– Les moyens humains sont limités (manque de disponibilité et de compétences techniques pour suivre un tel chantier, difficulté pour trouver les compétences nécessaires au fonctionne ment du funiculaire) ;
– Utilisation pour la mobilité des habi-tants impossible, car seul le SMMAG (Syndicat mixte des mobilités de l’aire grenobloise – autorité organisatrice de dont la CCLG est membre)
est compétent en la matière ;

– Manque de crédibilité d’une commune de cette taille pour porter un tel chantier et trouver les soutiens nécessaires auprès des services de l’Etat (Préfet, STRMTG), et des financeurs (Europe, Etat, Région, Département, Parc de Chartreuse, CCLG) ;
– Fragilité du modèle lié au bon vouloir des élus du moment et à la priorité qu’ils y accordent par rapport aux autres enjeux d’une mairie (écoles, transition, social, culture, tourisme, agriculture, économie locale…).

2) Garder la compétence communale et exploiter avec une Délégation
de Service Public (DSP)

Intérêts :
– Gestion externalisée de la mairie.
Inconvénients :
– difficulté pour trouver les ressources ines et financières pour relancer
le funiculaire.

3) Transférer la compétence à la CCLG

Intérêts :

– Structure ayant plus de moyens
humains et financiers permettant de
mieux gérer la remise en route et l’exploitation du funiculaire ;
– Crédibilité plus importante qu’une commune de 2 500 habitants vis-à-vis des
services de l’Etat et des financeurs ;
– Complémentarité possible avec l’exploitant
SEMLG du col de Marcieu, du Collet
d’Allevard et des 7 Laux.
– Recettes potentielles pour la commune
lors de l’étude du transfert de charges
par la CCLG, si fonctionnement analysé
comme bénéficiaire.

Inconvénients :
– Perte de la compétence et donc du pouvoir de décider ;
– Grosse structure et donc perte d’agilité.

Les prochaines étapes

DÉBUT 2024

– Réalisation de l’étude de sécurité par la régie municipale du Plateau
– Décision du gestionnaire qui portera le redémarrage du funiculaire

EN 2024

– Fête des 100 ans du funiculaire
– Recherche des financements par le gestionnaire du funiculaire

2025

– Etudes complémentaires, notamment dossier loi sur l’eau

2026

– Lancement des maîtrises d’oeuvres pour lancer les marchés de travaux

2027

– Travaux de protection contre les risques naturels
– Travaux de remise en route du funiculaire
– Ouverture du funiculaire

* SYMBHI : Syndicat Mixte des bassins hydrauliques de l’Isère

** RTM : service de Restauration des Terrain en Montagne (RTM)

Informations

Bureau d'Information Touristique
Tél. 04 76 08 33 99

Funiculaire     Tél. 04 76 08 00 02

 

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